L’ENVIRONNEMENT SOCIAL

Il y a un homme avec qui le ministre démissionnaire de l’Intérieur aime s’afficher. C’est le maire (LR-UDI) d’Orléans (Loiret), Serge Grouard. Et pour cause ? « Orléans, 91 % de baisse de la délinquance des mineurs en 20 ans », constatait Jean-Louis Borloo le 1er septembre sur BFMTV. « J’aimerais tellement voir quelques maires en stage à Orléans », souhaitait Bruno Retailleau en mars dernier. Selon la mairie d’Orléans, la délinquance de proximité a baissé de 81 % dans la ville ces 24 dernières années. Orléans a-t-elle vraiment percé le secret de la lutte contre la délinquance ?

Comme preuve, la mairie présente une courbe de la délinquance qui décroît entre 2001 et 2024. Le maire s’en félicite. « Ça s’explique à la fois par les politiques de répression et de dissuasion qui ont été mises en place, et puis l’autre volet dont on parle moins souvent, qui est très important, c’est toutes les actions de prévention, réussite éducative que l’on mène depuis toutes ces années et qui portent leurs fruits », explique Serge Grouard.

Un véritable exemple ?

Effectivement, ces 20 dernières années, la ville a mis en place de nombreux programmes de prévention, comme la lutte contre le décrochage scolaire, avec un budget annuel de sept millions d’euros. Sept millions vont également aux forces de l’ordre. Les résultats de cette politique sont-ils si exceptionnels ? C’est à nuancer.

Premier bémol, dans son calcul de la délinquance, la mairie prend en compte sept indicateurs, comme les vols avec violence et les cambriolages, mais elle en exclut d’autres, comme l’usage de stupéfiants ou les escroqueries, des catégories qui, elles, sont en augmentation à Orléans.

Surtout, Orléans ne fait pas beaucoup mieux que des villes de taille comparable. Prenons Caen (Calvados) et Besançon (Doubs). Entre 2016 et 2024, on voit que le nombre de cambriolages baisse à Orléans, mais il baisse aussi à Caen et Besançon. Même chose pour les vols de voiture. Depuis 2020, les chiffres de la délinquance repartent légèrement à la hausse à Orléans, notamment à cause des violences familiales, des vols et des violences volontaires.

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